Mercredi 18 février 2009 3 18 /02 /Fév /2009 13:54

Le colonel Chabert se situe à mi-chemin entre la longue nouvelle et le court roman.

Composé en 1832, sous le titre de La Transaction, le texte connu plusieurs versions et correction comme Balzac en avait l'habitude.

Finalement, il s'insère dans La Comédie humaine dans les "scènes de la vie privée" juste après Le père Goriot.

 

Le récit raconte l'histoire d'un officier de l'armée napoléonienne, supposé mort à la bataille d'Eylau mais qui en réalité s'est retrouvé nu dans un charnier, avec une blessure à la tête (évocation qui rappelle le romantisme noir!) et s'en est réchappé.

Privé d'identité, après une longue errance, le colonel Chabert - ou celui qui se prétend être le colonel Chabert - retrouve la France de la Restauration et se rend dans l'étude de Derville afin de récupérer son identité et sa femme, remariée depuis lors et devenue comtesse de Ferraud.

 

Je ne saurais que trop vous recommandé le livre de Aude Déruelle, dans la collection Foliothèque ( numéro 143) qui est une étude pertinente du texte de Balzac. A coté d'un essai sur le colonel Chabert, vous y trouverez un dossier sur l'oeuvre.

Pour vous mettre l'eau à la bouche, je vais juste évoqué deux points de l'étude.

 

Tout d'abord, le texte de Balzac propose une version dégradée de l'épopée. Par le registre familier de la langue, d'une part.

Chabert sort de la fosse en s'aidant d'un bras d'un cadavre démembré. Il devient donc un être à trois bras. Il est "une caricature inversée de Cerbère". Chabert tente de sortir de l'enfer au lieu d'en gagner la porte.
D'autre part, un des  clerc de l'étude lance une boulette de papier à la tête de Chabert lorsqu'il se rend à l'étude. La boulette fait contrepoint au boulet de la grande bataille. De plus, la boulette féminise le boulet et marque la victoire de la femme sur le colonel, à savoir la comtesse de Ferraud.
On peut aussi voir dans le colonel Chabert un intertexte avec L'Odyssée ,et la figure d'Ulysse.

Chabert veut rentrer chez lui. Il semble un vieillard aux yeux de ceux qui l'ont connu. Dans l'oeuvre d'Homère, Ulysse est reconnu par sa nourrice et hebergé chez un porcher. Ici, Chabert est logé chez Vergniaud qui produit du lait pour Paris.

 

Voila quelques arguments tirés de l'étude fascinante de A. Déruelle. Je vous en recommande la lecture.

Je suis un grand admirateur de Balzac et j'aurais l'occasion de présenter d'autres parties de la Comédie humaine.

 

Bonne lecture et à bientôt pour une autre chronique!

Par La Bibliothèque de Drizzt - Publié dans : Littérature XIXème
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Dimanche 8 février 2009 7 08 /02 /Fév /2009 17:33

Le narrateur de ce roman est un marchand de canons. Menacé par un scandale et des poursuites judiciaires, il décide de détruire l'impressionnante masse de documents qu'il a rassemblé au cours de sa carrière.
Alors qu'il brûle ses archives, le remord l'étreint et il se dit que tout ceci ferait un bon roman d'espionnage.

Notre marchand de canons a toujours voulu vivre sa vie comme un roman de John Le Carré. Le récit nous mène de l'Irak de Saddam Hussein à l'Afrique du Sud de l'Apartheid, en passant par la Georgie, le Vénézuela et d'autres zones de tension de la planète.

Le roman use d'une écriture journalistique, oscillant en cela entre la fiction et le reportage. L'auteur clame que toutes les dates et les noms sont vrais.

Le Journal intime d'un marchand de canons est le premier volume d'une série sur l'envers de la Mondialisation qui comprendra Le Journal d'un affameur et Le Journal d'un manipulateur.

 

Sans être un chef d'oeuvre, ce livre se laisse lire facilement.

 

A éviter toutefois si vous êtes allergiques aux romans à la Tom Clancy ou au film Lord of War.

Par La Bibliothèque de Drizzt - Publié dans : Littérature XXème
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Dimanche 1 février 2009 7 01 /02 /Fév /2009 19:33

Dans Sido ou les points cardinaux, Colette évoque sa petite enfance, sa mère, "Sido", son père "le capitaine" et ses frères,"les sauvages".

 

Cette évocation est emplie de nostalgie, très vivante, colorée et pleine d'amour.

 

"Sido" apparait comme une figure mythologique, idéalisée. Elle occupe son jardin, qui peut être comparé à une sorte de Jardin d'Eden.

 

Colette parle aussi avec beaucoup de tendresse de son père, le capitaine, deuxième mari de "Sido".

Elle montre aussi combien l'amour était présent dans cette famille, entre le capitaine et "Sido" et entre les parents et les enfants. Seule la soeur ainée parait un peu à l'écart du clan, mal mariée".

 

L'édition que j'ai lue est une vieille édition du Livre de Poche. Elle contient aussi "Les vrilles de la vigne".

 

Je reviendrais dans un autre article sur l'auteur. Elle commença sa carrière d'écrivain comme nègre de "Willy" en composant la série des Claudine.

Elle termina sa carrière en étant élue à l'Académie Goncourt à l'unanimité en 1945.

 

Bref, c'est un livre que je recommande à tout ceux qui aiment les écritures délicates et subtiles, émotionnelles mais sans sensiblerie.

Par La Bibliothèque de Drizzt - Publié dans : Littérature XXème
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Dimanche 1 février 2009 7 01 /02 /Fév /2009 19:18

La figure du géant Gargantua représente la bonhommie et le bien vivre. A l'origine, c'est un personnage de contes populaires qui a donné lieu à des livrets populaires anonymes.

Claude Nourry, le libraire lyonnais  -du moins on le suppose - va commander à Francois Rabelais un ouvrage s'inspirant de ces livrets.

Ce sera Pantagruel en 1532 et Gargantua en 1535.

On a la toute la généalogie des géants, Grandgousier, Gargantua et Pantagruel. On trouve aussi dans l'ouvrage de 1535, le personnage de Frère Jean (qui protège le Clos de Seuillé) et celui de Picrochole (qui suit son humeur, la bile noir).

Gargantua est un roman humaniste. C'est aussi une parodie de roman de chevalerie. On y suit l'éducation de Gargantua selon les preceptes humanistes (l'excellence de l'homme) puis la conduite de la guerre qui doit toujours être une guerre juste.

 

Rabelais est un véritable érudit. Humaniste, il a été moine, juriste, médecin. Ses ouvrages mélangent d'ailleurs la plus  haute érudition et les propos scatologiques (voir à ce propos l'épisode du "Torche-cul").

Gargantua n'est certes pas un livre facile à lire. Mais il faut "ronger l'os pour en saisir la substantifique moelle".

Par La Bibliothèque de Drizzt - Publié dans : Renaissance
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Mercredi 28 janvier 2009 3 28 /01 /Jan /2009 21:24

La Vénus d'Ille est une nouvelle de Prosper Mérimée, d'une cinquantaine de pages et qui se lit très facilement.

 

Elle marque les débuts du genre fantastique, un genre qui comprend à l'origine également des récits de Nodier, de Gautier et de Balzac. Dans le cas de ce dernier, on pense évidemment à la peau de Chagrin, roman allégorique que j'ai lu il y a quelques mois et que j'ai aussi beuacoup apprécié (mais je ne suis pas objectif en ce qui concerne le "Napoléon des Lettres").

 

Revenons à la Vénus d'Ille! Les évènements se passent en Roussillon où une statue d'origine romaine - mais qui pourrait aussi être d'origine phénicienne - est déterrée sous un vieil arbre.
D'emblée, la statut qui représente une femme -une Vénus - semble contenir quelques chose de maléfique! Un des ouvriers qui l'a exhumé va d'ailleurs se blesser. Sans vous révèler la trame de la nouvelle, disons que ce récit est l'histoire d'une vengeance!

Ce qui caractèrise le genre fantastique, c'est que l'interprétation des faits qui surviennent dans ces récits peut se faire selon deux modalités.
Soit le lecteur opte pour une interprétation logique, rationnelle, soit il penchera pour le surnaturel.

 

Ici les deux interprétations sont possibles, car tout est suggéré et le narrateur ne constate jamais les faits de visu mais uniquement leur résultats et par des récits d'autres personnages, un de ces narrateurs seconds passant pour ivre et l'autre pour folle.

La pirouette finale est savoureuse et suggère bien le caractère malfaisant de la statue!

Voila pour ce compte-rendu! A noter que dans l'edition Folio 3240, on trouve également Matéo Falcone (une histoire d'honneur corse) et Colomba (que je n'ai pas encore lu)

 

Bonne lecture à tous !

 

Pour ceux qui veulent en savoir plus sur le fantastique, je recommande le livre érudit suivant :

 

V. Tritter; Le fantastique ; thèmes et études ellipses

 

Par La Bibliothèque de Drizzt - Publié dans : Littérature XIXème
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